L'albatros de Charles Baudelaire

L'albatros de Charles Baudelaire
L'albatros de Charles Baudelaire


Intro :
• Cette oeuvre s'inscrit parfaitement dans romantisme étant donné que B réussit à transmettre son désespoir au lecteur. A représente propre condition du P déchiré entre aspiration à élévation nommé spleen et condition humaine réelle.
• B faisait partie génération poète maudit, c'est-à-dire incompris par gens époque.


1) Deux conceptions du monde qui s'oppose :

a Deux espaces principaux confrontés : ciel (espace A) et pont bateau (espace H) :
• Opposition (antithèse) par Dimension : infini, ouvert/limité, fermé),
• Situation : au dessus, vertical / bas, horizontal
• Connotation : liberté, évasion/plat, terre à terre, absence d'élévation
==> Liberté A se heurte à environnement clos navire

b. L'albatros est personnifié :
Description A marqué par différence entre Ciel et Terre
Termes valorisants se rapporte à A dans son univers et adjectifs dévalorisant se réfère A dans celui H

Albatros mis en valeur dans son univers :
• Pureté ('ailes blanches, azur')
• Amplitude ('grandes ailes, géant, vaste') permet imaginer immenses ailes recouvrant et protégeant océans (hypallage 'vaste oiseaux des mers' = oiseaux des vastes mers)
• 'Ailes' connoté à légèreté, sérénité ('indolents'), sublime, grâce, car se laisse porter
• Puissance, domination, >ité dans son univers ('rois, prince'), A majestueux règne au dessus H ('grandes ailes blanches' peut même évoquer hermine impériale)
• 'Indolents compagnons' marque confiance et nonchalance
• Caractère pacifique, aucune présence hostilité et font même preuve d'humanité : impression égalité avec H ('compagnon de voyage') mais A se révélera même + humain que matelots

Mais cette image valorisante s'inverse :
• Oxymore 'infirme qui volait' marque transition
• Poème donne 2 visions radicalement opposées :
autant A en vol est majestueux, allure souveraine
autant lorsqu'il se pose paraît ridicule

Les thermes dévalorisant de l'Albatros sur le sol :
• 'déposés' évoque roi déchu, voyageur ailé tombé du ciel
• Du vol royal, on passe au boitement de l'infirme
• Perte du coté merveilleux et somptueux d'où l'adverbe 'piteusement' : 'grandes ailes blanches' symbolisait légèreté deviennent mécaniques, peu noble, d'où comparaison avec avirons (rames)
• 'Voyageur ailé obtient des adjectif dévalorisant gauche et veule' : antithèse entre aisance/maladroit
• Libre / prisonnier, jouet
• Beauté / Laideur

==> Jadis roi admiré dans le ciel, il fait désormais objet de railleries et ne suscite plus que dérision ('comique, gauche, infirme')


2) Un poème construit judicieusement :

a. Le mouvement des phrases prend une valeur descriptive :
• Ample phrase, bien balancée présente A en vol dans 1ère strophe
• Nouvelle phrase très ample mais avec nuance moqueuse présente A capturé et posé dans 2ème strophe
• Série 3 phrases !, + courtes, rythme haché pour traduire souffrance, persécution A dans 3ème strophe et peut être paroles humiliantes prononcées par matelot
• Phrase en 2 parties explique opposition entre 2 mondes et 2 statuts A dans 4ème strophe

b. Le jeu des sonorités renforce le contraste :
• Majesté A rendu par assonance en 'en' et allitération en 'v' dans 1ère strophe
• 2 et 3ème strophe accumulent sonorité désagréables avec assonance en 'e' ('honteux, piteusement, à côté d'eux, veule, gueule') et allitération en 'c' et 'gu'
• Vers 12, décrochement gérondif et cadence + lente, suggère boitement
Ainsi jeu sonorités accentue différence A au fur et à mesure du poème

c. L'attitude hostile des marins :
• B débute en insistant sur 'souvent' : H pour rompre ennui, se divertissent dans cruauté habituelle
• 2ème strophe change complètement d'optique car marins rôle dominant. A livré aux regards cinglants de équipage sur planches symbolisant lieu exhibition
• Vers 11-12 illustrent manque de respect : équipage taquine A qui se moque en reproduisant marche ridicule : subit donc douleur physique et morale.
• Terme 'brûle-gueule appartient style bas : accentue mépris des marins, comportement barbare


3) Un récit allégorique :
• 3 1ère strophes récit de A tandis que dernière dédiée au P : après présentation B donne clé poème avec réflexion sur P : volonté de créer une surprise
• Association P/prince des nuées donc rapprochement A-P
==> Oblige réinterprétation : 'voyageur ailé' devient P, 'H d'équipage' = société, bateau = terre, planches = théâtre social, le voyage = vie parcourue

a. Le symbolisme du bateau glissant :
• 'navire glissant' crée atmosphère calme mais qui peut être bouleversé à tout moment par caractère imprévisible des 'gouffres amers' (métaphore mer)
• Répétition consonne en 'v, s et f' traduit doux sifflement renforçant idée calme et harmonie
==> H et P devraient être solidaire car embarqué dans même voyage de la vie, sur bateau symbole de Terre, tjrs menacé par naufrage : condition humaine devrait les réunirent

b. Le symbolisme de l'équipage :
• Equipage tjrs envisagé comme ensemble anonyme, indifférencié ('L'un, l'autre, ils') : masse généralisé qui représente société
• Idée équipage société travaille pour avancer, souci occupation, labeur où P pas place
• Planches peut aussi = terre cultivée : monde gros blocs déplacés, sillon alignés qui remplace nature.
• Equipage trop pieds sur terre, matérialiste, voit pas + loin (pas moindre idée du monde P-A)
• Monde sans hauteur, élévation, spiritualité, recherche question sur monde...

c. L'albatros symbole du poète :

Dans son monde de l'esprit :
• Oiseau donne Aspect sublime, majesté, fluidité et donc prestance d'esprit
•A vit espace aérien = P vit monde imaginaire, libre, évasion, hors de portée, spirituel (celui de la pensée donc infini) et > bas monde social qui reste horizontal
• C'est P qui s'amuse flèches, moqueries envoyé par ceux qui rasent terre. Certain mépris renvoyé

Par rapport aux autres :
• B donne image P vivant monde à part. Se laisse porter au dessus et descendu terre devient maladroit, ridicule car dépaysé, loin de air, lumière, pays qui lui ressemble : c'est pour ça qu'il sait pas marcher au rythme mesquineries, qu'il a honte (adverbe 'piteusement')
• 'exile sur le sol' comme A, P inadapté monde H, trouve pas sa place ; mais destiné à celui du Ciel
• Victime cruauté H ordinaires : A et en même tps P agressé par moqueries (hostilité avec 'huées')
• P incompris de société et ses ailes, c'est-à-dire son génie, le gêne. Dernier vers admirable car synthétique du drame P : sa grandeur fait sa misère
• Même souveraineté solitude, mais même déchéance lorsqu'il redescend niveau société

Qu'est-ce qui fait la chute du poète oiseau ?
Peut-être nécessité, manque de recettes : sait-il se débrouiller seul, dans société où faut marcher au pas du travail, où rêve = perte de tps ? Sa chute a peut-être pour origine décalage entre ce société exige et ce qu'il rêve de lui donner : c'est un marginal


Conclusion :
• Par biais métaphores, comparaisons et antithèses, B réussit à transmettre idée au lecteur.
• Poème s'inscrit parfaitement dans 'mal de vivre' P, d'où sa grande popularité en litt.
• B débute d'abord par récit voyage, puis glisse vers ridiculisation A pour finalement l'identifier au P. Points communs : solitude, exclusion, mépris et objet de railleries sont lot quotidiens.
# Posté le jeudi 30 juin 2005 13:58
Modifié le jeudi 30 juin 2005 14:21

Le crapaud de Tristan Corbière

Le crapaud de Tristan Corbière
Le crapaud de Tristan Corbière


Intro :
• Titre déjà très révélateur : expression lyrique sentiments (amours) constamment associé au rire (jaune), ricanements et sarcasmes.
• Poème intertextuel qui a repris mêmes idées que A de B. Sans lui, TC aurait pas écrit même façon C.
• Le C est le poème le + représentatif du P puisque c'est un portrait autodérisoire.



1) Une esthétique particulière :

a. Sonnet à l'envers qui contient de nombreuses entorses par rapport forme canonique :
• Ordre quatrain/tercets inversé
• 2 tercets avec rime suivie ER + 2 rimes embrassées OMBR – IF
• Rimes quatrains embrassées, avec alternance rimes fém. et masc. avec 4 rimes au lieu des 2 traditionnelles.
• Typographie particulière met en valeur dernier vers par ligne pointillé : marque chute
• Octosyllabes au lieu décasyllabe ou alexandrin habituel, avec un vers qui pose problème « Vois-le, poète tondu, sans aile, qui fait neuf pieds sans synérèse très malsonnante de poè-te.

b. Le refus du lyrisme :
• Champ lexical chant et anaphore, Rossignol (connotation beau chant) fait allusion registre lyrique, expression chant P
• Synérèse poète montre autodérision du TC et de son art
Une syntaxe hachée qui donne un rythme saccadé :
• Sonorités désagréables (allitération 'l, p, k' v1, 2) : C réussit pas créer chant mélodieux, harmonieux
• Phrases brèves, nominales, juxtaposées
• Phrases coupées par [...] soit à fin, soit bizarrement début => ne délivrent qu'une partie mess.
• Coupes nombreuses empêchent tout développement du vers, qui se retrouve brisé.
==> Son lyrisme (état intérieur) peut pas s'exprimer à l'intérieur langage poétique habituel

c. Bilan :
• Ecarts volontaires donnent impression poème s'affranchit forme imposée et classique. TC joue tradition tout en affichant qu'il sait faire (respect mètre régulier, disposition rimes, strophes), il sort du lot, expose sa marginalité et originalité
• Mais rit aussi de lui (autodérision), alors poème serait lui-même crapaud. TC fait comme si son texte ne parvenait pas à devenir vrai poème



2) Les éléments du décor :

a. L'atmosphère suggéré, symbolique :

Impression auditive qui semble croître par anaphore de chant :
• Impression angoissante, car chant se détache silence de la nuit, ' sans air' = sans musique
• Inquiétant aussi en raison de obscurité, lourdeur étouffante suggérée par « sans air ».
• Chant prolongé par emploi des [...] et impression liquide, coulant par R à la rime.

Le cadre particulier :
• Eclairage lune paraît froid, sans douceur ; termes "plaque, métal, découpures" révèlent aspect métallique, froid, tranchant.
• Eclairage aussi contrasté, avec ombres puissantes (antithèse clair/sombre)

Eléments ont une connotation triste, angoissante même, symbolisent la mort :
• Forte présence nuit : univers sombre, nébuleux où évolue, se cache C (antithèse avec A)
• Ombre régnante semble annoncer mort
• Pierre peut être euphémisme mourir, pierre devenant alors pierre tombale (confirmé par "froid")
• boue suggère aussi enfouissement, connotation gluante qui emprisonne : illustre relation <, rabaissé

b. L'identité des interlocuteurs du dialogue :
• Tirets signalent dialogue 2 interlocuteurs qui observe crapaud
• Partie dialoguée confuse, brouillé et difficulté identifier interlocuteurs, car tirets mal placé exprès.
• Parodie sérénade ? Promenade nuit à 2, sous lune, dans nature (intimité tutoiement et expression 'près de moi, ton soldat fidèle'), mais où atmosphère romantique, douceur, chant rossignol disparu
• Opposition croissante dans les réactions (cf. B, Les yeux des pauvres) : Dégoût (répétition Horreur, accompagné même du !!) et incompréhension devant cette réaction.
==> Il parait clair que comme l'équipage pour A, les deux 2 amoureux curieux représente la société et ses réactions envers C.



3) Le symbole du crapaud :

[g]a. Le coassement symbolise sa poésie :

Un coassement difficile à produire et presque imperceptible :
• Mystère début par indéfini 'un' chant : ambiguïté : celui du crapaud, homme
• Chant lointain, avec particularités étonnantes, à la fois étouffé, comparé à écho lointain, mais aussi vif, sensibilité écorchée, renforcée par adverbe d'intensité 'tout'.
• Chant craintif, éphémère car interrompu par approche H, par moment silencieux = difficulté produire
• Fortement dépréciée par démonstratif familier 'ça', puis présentatif 'c'est là', rabaisse émetteur à état de chose, sans importance, au ras du sol.
• Nombreuses sonorités en [oi] 'pourquoi, vois, moi, froid, bonsoir' suggère coassement.

Mais qui cache un chant lyrique de son état intérieur :
• Certes c'est coassement C donc suscite aucun charme, attraction mais il y a CL chant (écho, vif, rossignol, chante) et des anaphores : donc registre lyrique : simple et pure expression du poète
• Oxymore "Rossignol boue" pathétique : au chant mélodieux, amoureux, romantique, à élévation rossignol, correspond boue, sol, lourdeur collante, symbole défauts physiques et moraux.
==> Chant C évoque dans lyrisme voilé, état intérieur P qui veut s'exprimer, s'élever, rechercher beauté mais sans y parvenir

b. Qui chante ? Le poète – crapaud :

Une caractérisation fortement péjorative et autodérisoire :
• Exclamation 'Un crapaud !' établit reconnaissance (animal traditionnellement répugnant)
• Métamorphose crapaud en poète, mais tondu, sans aile (cf albatros) : autodérision
• Choix C révélateur de dissonance chère à TC. Bestiaire poétique nous habitue, surtout allégories P, à toutes autres créatures : rossignol, cygne, condor expriment d'ordinaire royauté majestueuse. Tout au + B avait dépeint A comme infirme, ridicule privé de Azur.
• Ici, TC évite pas caractérisation péjorative ('tondu, sans aile')
• Identification avouée dans chute poème, mais avec banalité, sans effet, simplicité. P désormais solitaire semble tirer sa révérence, se retirer lui aussi sous ... sa pierre.
• Malédiction destin tragique soulignée par glissement sous la pierre
• Solitude dernier vers après le "Bonsoir", P reste poli, humble et salue, résigné à sa solitude, rejet
==> TC évoque condition maudite P qui le relègue dans ombre et le condamne à chanter dans nuit, mépris et incompréhension

Mais une dualité dans sa personnalité :
• Le méprisé, l'exclu, le laid est détenteur d'une beauté, aspire lui aussi à lumière, beauté : Vois-tu pas son oeil de lumière' (seul source de lumière avec lune)
• Crapaud inspire dégoût mais recherche beauté, idéal et détient en lui une parcelle de lumière
==> Oxymore 'Rossignol de la boue' et antithèse : opposé à A qui pouvait s'élever et se rendre > H, le C est comme englué dans boue de son monde et à la recherche permanente de cette élévation spirituelle
==> Statut P encore baudelairienne : déchiré entre aspiration à beauté chant, désir d'envol, mais incapacité à produire, à s'élever à cause de misérable apparence terrestre


Conclusion :
Autoportrait dérisoire P à travers double du C :
• Qui chante sans vraiment savoir, qui aspire à idéal sans pouvoir atteindre, qui est laid, rejeté, qui vit retiré, caché.
• Symbole C, volontaire brisure sonnet, dislocation provocatrice de syntaxe permettent à TC exprimer façon très originale, quelque peu brute, profondes blessures physiques, morales et spirituelles d'un être qui s'estime sans doute maudit.
# Posté le jeudi 30 juin 2005 14:36
Modifié le mardi 05 juin 2007 14:44

Le vieux saltimbanque de Charles Baudelaire

Le vieux saltimbanque de Charles Baudelaire
Le vieux saltimbanque de Charles Baudelaire


1) Le je est un flâneur dont le regard est interpellé :

a. Il assiste en témoin passif aux spectacles qui s'offrent à lui : (cf. préface)
• Discours argumentatif, temps (présent vérité général et imparfait) et prouvent que 'En vrai Parisien', le je habitué foires foraines, énonce sa thèse (lg 1 – 20) : fête permet oublier peines travail, quotidien
• Raisonnement déductif : ex fête vient confirmer (lg 21 – 44 : discours descriptif, imparfait 2nd plan)
• Il se déplace, voit et décrit ('c'est/c'était, je vis') : point de vue original, caractéristique de démarche adoptée dans recueil où énonciateur a souci de s'ouvrir au monde extérieur et rencontrer réalité.
==> 1ère partie consacré au monde, société

b. La découverte tout à fait inattendue du saltimbanque :
• 'A l'extrême bout de la rangée de baraques' marque expérience d'un véritable choc, soulignés par
• Emotions violentes ('gorge serré, larmes...') et sentiment révolte ('rebelles')
• Mais aussi trouble profond avec questionnement, agitation et embarras
==> 2ème partie consacré à l'artiste


2) Une fête : une dénégation systématique :

a. Une description au service d'un point de vue critique :
Jugements de valeurs implicites transparaissent à travers registre ironique :
• Comparaisons ironiquement valorisantes (comique solide, lourd c celui de M, danseuses belles c fées ou princesses, escamoteur éblouissant c dieu, odeur friture c encens fête) : B moque admiration porté par spectateurs et souligne artifice, fausse grandeur numéros, qu'il réduit à illusion (poudre aux yeux)
• Hyperboles induisent que joie foule semble exagérée : besoin important d'oublier
• Accumulations marque idée dépense extraordinaire (progression éclatée (baraques => foule, hercules, danseuses, escamoteurs) appuie idée frénésie)

b. L'immoralité de la fête :
• Comportement bestial foule et abandon à instinct, pulsions primaires et bas (métaphores associant élément à animal ; baraques : animaux, danseuses : chèvres, enfants : singes)
• Caractère artificiel (hyperboles ('énormité, mélange de cris, piaillaient, beuglaient hurlaient, remplissaient jupes étincelles)
• Aspect avide (accumulation 'Les uns dépensaient, les autres gagnaient' : fête où argent circule, bénefs se font) et exhibition

c. Une condamnation largement amplifiée par la composition du texte :
• Durant tout récit, les 2 univers (monde/artiste) s'opposent dans leur description. B en racontant fête, annonce par ironie renversement total des valeurs. La situation du S s'en trouve encore + misérable.
• Antithèses marque le fossé entre les 2 parties du texte :

Fête / Saltimbanque
Partout (général) / Ici (particulier)
Lumière intense, couleur / Lumière faible (chandelle : encore un peu de vie)
Tumulte / Silence (ne riait pas, ne criait pas)
Vitalité, énergie, animation, activité / Immobile
Foule, nombre (les uns les autres) / Solitude
Gain, joie / Misère, ténèbres, détresse, spleen
Ephémère / Situation durable ('destinée')
Illusion, spectacle / Réalité
Espérance / Abdication

• Illusion du spectacle dénoncée par réalité de la misère vieil H :
- Au bonheur démonstratif des uns répond détresse ignorée de baladin
- Au déguisement et à l'apparence répond le drame intérieur du S...


3) Le saltimbanque : une figure emblématique :

a. Le spectacle du vieil homme induit une méditation du je :
Raisonnement inductif utilisé cette fois, 1ères lg dernier § montrent bien que le je tire méditation de cette 'vision', enrichit sa compréhension monde par expérience d'ordre psychologique

b. Le je voit en lui image allégorique de l'H de lettres :
Son cas est généralisé et identification avec P repose sur reconnaissance de certains points communs :
Marginalisation, incompréhension grand public, misère, solitude extrême, douleur tragique d'être ainsi rejeté... (Certains traits déjà rencontré dans A)
# Posté le vendredi 01 juillet 2005 04:26

Une saison en enfer d'Arthur Rimbaud

Une saison en enfer d'Arthur Rimbaud
Une saison en enfer d'Arthur Rimbaud
(préface)


Intro :
• Lecteur qui ouvre recueil rencontre d'abord cette pièce sans titre, intro qui amorce toute la suite
• A 1ère vue difficile, texte doit s'apprivoiser car recèle de toutes caractéristiques figure P à époque


1) Les différents genres littéraires présents et leurs portées :

a. Une prose en quête d'effets poétiques :
• Disposition étrange : 11 versets très courts qui contiennent rarement + d'une phrase : Texte en prose mais fréquents alinéas rappelle composition vers libres poésie
• Syntaxes rythmiques et phonétiquement mélodieuses : 'où s'ouvraient tous les c½urs, où tous les vins coulaient' : chiasme, 6 syllabes dans chaque proposition et assonance ou
• Alexandrin 'un soir, j'ai assis la Beauté sur mes genoux'
• Figures style : métaphores ('bond sourd de la bête féroce'), parallélismes, anaphores ('Je me suis...')
• Plusieurs allégories comme 'trésor' représente âme, spiritualité, conscience que R confia à 2 'sorcières' qui sont en fait misère et haine
• Apostrophes, interjections, phrases !

b. Le dramatique issu du théâtre :
• Présence dialogue théâtral car tirets : discours entre je et son démon qui tend à être tragique
• Apostrophes, interjection, phrases ! aussi trait des pièces
• Expressions familières ('dernier couac, j'ai joué de bon tours'), propositions sans verbe conjugués ('Mais, cher Satan..., une prunelle – irritée !) : style oral renforce volonté dramatiser texte en le théâtralisant afin de toucher lecteur par spontanéité et simplicité répliques

c. Un préambule de récit autobiographique :
• Il y a une dédicace (à Satan)
• 'ces quelque feuillets de mon carnet de damné' annonce genre d'un récit parlant de soi
• Fragment vie R : présence je, chronologie sélective souvenirs, écarts temporelles ('Jadis, un soir')
•Histoire de sa personnalité où va tenter éclairer par retour au passé, des événements récents de sa vie
• Indications ressortent vraisemblablement expériences perso ('me suis armé contre justice, joué bons tours à folie, étant trouvé sur point faire dernier couac') doivent faire allusion à faits, accidents, ou états que R à du connaître
• Phrases brèves, simples et ponctuation expressive (points !, tirets fréquents) font penser tâtonnement pensée faisant bilan introspectif de périodes vécues
==> En clair, pour bien comprendre tout ce que R relate, il est nécessaire de se référer à sa bio


2) Un panorama de la vie de l'auteur :
P raconte dans narration au passé propre existence. Progression balisée par indicateurs temporels.

a. Une enfance heureuse et insouciante :
• 1er mot 'Jadis' évoque durée spécifique contes : passé lointain et indéfini ('si je me souviens bien') et qu'on est tenté de situer dans enfance du je
• 'festin' allégorie bonheur renforcé par présence amour ('tous les c½urs'), fête symbolisé par 'vins'.
==> R dit donc avec nostalgie qu'il connu dans son enfance, félicité fondée sur amour et fête

b. La chute hors du paradis de l'enfance :
• Choc marqué par indicateur 'Un soir' et 2nd verset au passé simple : tps 1er plan, action
• Provoque par Beauté avec B : qui est-elle ? Une femme ? (Divinité féminine fascinante mais terrifiante car l'a trouve amère et l'injurie)
• Si on va + loin, Beauté pourrait être poésie traditionnelle : passage symbolique fait donc allusion moment où R s'est reconnu P

c. Un enfer vicieux 'Le printemps, tout dernièrement' :
• Unité marquée par ressassement 1ère pers : acte et réflexions majoritairement au passé composé : sorte de bilan introspectif
• Sans s'arrêter aux réelles difficultés matérielles (sans sou) et chocs émotifs amours, constate que R en plein désarroi. Dégoûté de sa vie, autres, lui-même, a perdu confiance, goût de vivre et sait plus à quel St (quel diable) se vouer
• Série métaphores : 'Sur tout joie pour l'étrangler j'ai fais bond sourd bête féroce, tu resterais hyène' : appui paradoxe P en même tps victime et bourreau (violence révolté retourné contre lui)
• //isme et métaphores lg11-13 : accumulation violence met en relief sauvageries agressive P et cruauté souffrances qu'il s'impose en retour.
==> Par nombreuses figures style et des images brèves et violentes, R explique son enfer : n'est-il pas + horrible d'endurer les supplices que l'on se fixe nous même ?

d. Le rejet du passé et la révolte absolue d'un adolescent :
• Enfance heureuse mais révolue dont il trouve plus clé, correspond éducation rangée reçue
• Il la piétine avec violence, s'ouvrant par sorte de pacte avec diable, à vie de débauche
• 'charité' caractérisée comme rêve donc comme utopie mensongère
• Se damner serait manière d'inverser avec provocation valeurs bourgeoises admises par société et descendre enfers manière affirmer indépendance, différence par rapport aux autres
==> Poète maudit : R a choisit de vivre en dehors monde et normes morales, sociales, choisit vie + ténébreuse, marginale où il se met en quête d'expériences nouvelles.


3) Une problématique morale et religieuse :

a. Le projet d'écrire une ½uvre résolument moderne et affranchie de toute règle :
Parti pris de mélanger tons : langage familier côtoie langage soutenu, désinvolture ('couac') et sérieux, solennel (damnation), dialogue théâtral et écrit d'un récit, prose saccadée et heurtée de passage + amples (dernier §), formes traditionnelles et innovations + radicales...
==> Avec cette intro qui ouvre recueil, R affiche ses intentions de dérouter et surprendre en rejetant la Beauté, allégorie de la poésie classique

b. Un débat entre Rimbaud et celui qui est devenu son maître : Satan...
• Fin introduit interlocuteur 'Satan'. Prologue récit autobio d'habitude aux lecteurs, ici c'est à Satan que R et c'est à lui qu'il semble dédier son recueil ('je vous détache ces quelques feuillets...')
• Relation domination indiqué par jeu tutoiement du démon et le vouvoiement du je
• Le titre de l'½uvre évoqué : - Champ lexical d'enfer notion issue du titre
- terme saison désigne période concerné par récit
==> Moment exil, solitude, souffrance, malheur qu'a connu R épisode dont livre constituerait histoire

c. ...Qui ouvre un horizon philosophique :
• Un conditionnel ('je reprendrais peut-être appétit') et futur ('tu resteras hyène') montre que enjeu, réflexion est avenir R, savoir s'il peut retrouver bonheur ancien ('j'ai songé à retrouver la clef...')
• Lexique religieux et notion 'charité' comme clé festin ancien, bonheur que R veut retrouver
• Charité : amour prochain ou secours apporté faibles : peut faire sentir autre enjeu livre : la religion
• Alinéas peuvent faire penser à disposition versets Bible : provocation ? Volonté de parodier ?
==> ¼uvre qui s'annonce aura qqch d'une autobio dont enjeu sera de savoir si P peut inverser destiné placée sous signe haine et retrouver chemin de charité, amour, bonheur : valeurs chrétiennes


Conclusion :
Prologue qui rassemble, prose, poésie, récit autobio et pointe de théâtre amorce recueil
# Posté le vendredi 01 juillet 2005 04:45

Lambeaux p 35 à 37 de Charles Juliet

Lambeaux p 35 à 37 de Charles Juliet
Lambeaux p 35 à 37 de Charles Juliet


1) Une journée particulière :

a. Annoncée par le contexte :
- 1ère foi où s½urs ont pas tâches ménagères, où peuvent se parler et partager quelquechose
- Aînée prenait place de mère, ménagère alors qu'aujourd'hui peut reprendre Rôle de s½ur
- 'Atmosphère pesante', oppressante maison se libère. M (=Mère) oublie 'souffrance' de ne pouvoir libérer ce qu'elle garde en elle
- M retourne à sa vie habituelle après (p37): retrouve froid, lumière grise, solitude, travail, absence de vie mouvements ('inerte'), enfermement ('murs' longuement décrits), prison ('sépulcre')
==> J montre importance, singularité journée extraordinaire avec nombreuses antithèse très fortes : solitude/partage ; enfermement/évasion ; lumière/absence de lumière ; silence/expansion...

b. Une ouverture nouvelle :
La route symbole de l'évasion spirituel :
- 'cette route' revient début/fin : symétrie, c'est elle qui éloigne quotidien et c'est par elle M retourne à réalité : elle est pas décrite objectivement et est autant ouverture au début que fermeture à fin
- renforcé par 'chemin qui s'élève' (début p34) et 'lumière qui décline' (fin p36) : sorte élévation spirituelle, mystique : montée paradis/redescente enfer
La description subjective de la vallée :
Regard qui va du village restreint à immensité ciel : du bas, univers réel ; vers haut, évasion :
- 'maisons groupées autour église' : pour M, vision suggère vie avec religion comme pilier société
- 'toits ardoise grise' : absence couleur, joie, presque de vie, animation
- 'fumées qu'aucune brise dissipe' : pas mouvement, qqch étouffant, oppressant
- 'cimetière à l'écart village' : peut-être peur de finir ici, oubliée dans cimetière
- 'géométrie...' : de + en + couleurs ('ocre blancs, banche'), espace s'agrandit, ouverture ('épervier qui plane au dessus, des 2 cotés de la vallée, ligne horizontale, loin au-delà')
- 'immensité bleue' : description termine par espace infini, sans limite
Bilan :
texte construit sur montée vers absolu et descente rapidement rattrapé par réalité : tragique car quotidien ensuite encore + terrible, lourd.

c. Un moment d'exception :
- Parole libérée, M transporté en pleine euphorie, ivresse ('Quand ta griserie prend fin'), exaltation, hors du tps : elle peut s'exprimer sans obstacle, gène
- M se dévoile à s½urs puis a peur d'être allé trop loin


2) Les transports de l'héroïne :

a. Les étapes :
Etape du chemin :
- 'tout s'embrase' : état nouveau en train de naître, début évasion
- 'désir te vient de partager émotion' : envie de partage débute
Etape de l'élévation spirituelle :
Cheminement état intérieur M : d'abord voit ce qu'elle voit tous les jours puis regard monte et en même temps esprit s'élève dans contemplation complètement détachée réalité
- tout est empli de joie, sentiment béatitude ('radieuse, inonde, répand, insuffle pareille joie')
Moment de totale félicité :
- M s'ouvre et parle pers bible liés à elle (ont vécus 'malheurs, solitude et tristesse, pas compris' et même 'couvert de crachat' rappelle humiliation père et 'clouer sur une croix' car elle aussi s'est sacrifié pour autres)
- S'identifie à eux, est ainsi rassurée car lui prouvent qu'elle existe, que sa vie compte

b. Du profane à l'exaltation mystique :
- M a tjrs besoin de sortir monde réel et profane dans lequel elle souffre
- Toute sa religion l'aide à gravir moment d'extase spirituel
- Pers bibliques permettent identification M et corde pour gravir pente
==> Passage après (p37-38) appuie idée place importante religion, quand M va Eglise, c'est surtout pour son besoin entendre paroles qui partagent ses sentiments. Elle se reconnaît dans sermons
==> Enjeu principal extrait : relation M avec religion, chose qui est à peine effleuré dans reste histoire
# Posté le vendredi 01 juillet 2005 04:58
Modifié le mardi 05 juin 2007 14:25