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Une saison en enfer d'Arthur Rimbaud

Une saison en enfer d'Arthur Rimbaud
Une saison en enfer d'Arthur Rimbaud
(préface)


Intro :
• Lecteur qui ouvre le recueil rencontre d'abord cette pièce sans titre, introduction qui amorce toute la suite
• A 1ère vue difficile, le texte doit s'apprivoiser car recèle de toutes les caractéristiques de la figure du poète à l'époque


1) Les différents genres littéraires présents et leurs portées :

a. Une prose en quête d'effets poétiques :
• Disposition étrange : 11 versets très courts qui contiennent rarement plus d'une phrase : Texte en prose mais fréquents alinéas rappelle la composition des vers libres en poésie
• Syntaxes rythmiques et phonétiquement mélodieuses : 'où s'ouvraient tous les c½urs, où tous les vins coulaient' : chiasme, 6 syllabes dans chaque proposition et assonance en "ou"
• Alexandrin 'un soir, j'ai assis la Beauté sur mes genoux'
• Figures style : métaphores ('bond sourd de la bête féroce'), parallélismes, anaphores ('Je me suis...')
• Plusieurs allégories comme 'trésor' représente âme, spiritualité, conscience que Rimbaud confia à deux 'sorcières' qui sont en fait misère et haine
• Apostrophes, interjections, phrases !

b. Le dramatique issu du théâtre :
• Présence d'un dialogue théâtral car il y a des tirets : discours entre je et son démon qui tend à être tragique
• Apostrophes, interjection, phrases exclamatives aussi trait des pièces
• Expressions familières ('dernier couac, j'ai joué de bon tours'), propositions sans verbe conjugués ('Mais, cher Satan..., une prunelle – irritée !) : le style oral renforce la volonté de dramatiser le texte en le théâtralisant afin de toucher le lecteur par la spontanéité et la simplicité des répliques

c. Un préambule de récit autobiographique :
• Il y a une dédicace (à Satan)
• 'ces quelque feuillets de mon carnet de damné' annonce le genre d'un récit parlant de soi
• Fragment de vie de Rimbaud : la présence du je, une chronologie sélective des souvenirs, des écarts temporelles ('Jadis, un soir')
•Histoire de sa personnalité où il va tenter d'éclairer par un retour au passé, des événements récents de sa vie
• Indications ressortent vraisemblablement d'expériences personnelles ('me suis armé contre justice, joué bons tours à folie, étant trouvé sur point faire dernier couac') doivent faire allusion à des faits, des accidents, ou des états que Rimbaud à du connaître
• Phrases brèves, simples et ponctuation expressive (points d'exclamations, tirets fréquents) font penser à un tâtonnement de la pensée faisant le bilan introspectif de périodes vécues
==> En clair, pour bien comprendre tout ce que Rimbaud relate, il est nécessaire de se référer à sa biographie.


2) Un panorama de la vie de l'auteur :
Le poète raconte dans sa narration au passé sa propre existence. La progression est balisée par des indicateurs temporels.

a. Une enfance heureuse et insouciante :
• 1er mot 'Jadis' évoque une durée spécifique contes : passé lointain et indéfini ('si je me souviens bien') et qu'on est tenté de situer dans enfance du je
• 'festin' allégorie du bonheur renforcé par présence de l'amour ('tous les c½urs'), fête symbolisé par 'vins'.
==> Rimbaud dit donc avec nostalgie qu'il connu dans son enfance, une félicité fondée sur l'amour et la fête.

b. La chute hors du paradis de l'enfance :
• Choc marqué par indicateur 'Un soir' et 2nd verset au passé simple : temps 1er plan, action
• Provoque par Beauté : qui est-elle ? Une femme ? (Divinité féminine fascinante mais terrifiante car il l'a trouvé amère et l'injurie)
• Si on va plus loin, la Beauté pourrait être la poésie traditionnelle : ce passage symbolique fait donc allusion au moment où Rimbaud s'est reconnu Poète.

c. Un enfer vicieux 'Le printemps, tout dernièrement' :
• Unité marquée par ressassement de la 1ère pers : les acte et les réflexions sont majoritairement au passé composé : sorte de bilan introspectif
• Sans s'arrêter aux réelles difficultés matérielles (sans sou) et aux chocs émotifs, on constate que Rimbaud est en plein désarroi. Dégoûté de sa vie, des autres, de lui-même, il a perdu confiance, le goût de vivre et ne sait plus à quel Saint (quel diable) se vouer
• Série métaphores : 'Sur tout joie pour l'étrangler j'ai fais bond sourd bête féroce, tu resterais hyène' : appui le paradoxe du poète en même temps victime et bourreau (violence révolté retourné contre lui)
• Parallélisme et métaphores lg 11-13 : l'accumulation de violence met en relief les sauvageries agressives du poète et la cruauté des souffrances qu'il s'impose en retour.
==> Par de nombreuses figures style et d'images brèves et violentes, Rimbaud explique son enfer : n'est-il pas plus horrible d'endurer les supplices que l'on se fixe nous même ?

d. Le rejet du passé et la révolte absolue d'un adolescent :
• Enfance heureuse mais révolue dont il ne trouve plus la clé, correspond une éducation rangée reçue
• Il la piétine avec violence, s'ouvrant par sorte de pacte avec le diable, à une vie de débauche
• 'charité' caractérisée comme un rêve donc comme une utopie mensongère
• Se damner serait manière d'inverser avec provocation les valeurs bourgeoises admises par la société et descendre en enfer, une manière d'affirmer son indépendance, sa différence par rapport aux autres.
==> Poète maudit : Rimbaud a choisit de vivre en dehors du monde et des normes morales, sociales, il a choisit vie plus ténébreuse, marginale où il se met en quête d'expériences nouvelles.


3) Une problématique morale et religieuse :

a. Le projet d'écrire une ½uvre résolument moderne et affranchie de toute règle :
Parti pris de mélanger les tons : le langage familier côtoie le langage soutenu, la désinvolture ('couac') et le sérieux, le solennel (damnation), le dialogue théâtral et l'écrit d'un récit, la prose saccadée et heurtée de passage plus amples (dernier paragraphe), les formes traditionnelles et les innovations plus radicales...
==> Avec cette introduction qui ouvre le recueil, Rimbaud affiche ses intentions de dérouter et de surprendre en rejetant la Beauté, allégorie de la poésie classique

b. Un débat entre Rimbaud et celui qui est devenu son maître : Satan...
• La fin introduit un interlocuteur : 'Satan'. Le prologue d'un récit autobiographique s'adresse d'habitude aux lecteurs, ici c'est à Satan que Rimbaud s'adresse et c'est à lui qu'il semble dédier son recueil ('je vous détache ces quelques feuillets...')
• Relation domination indiqué par le jeu de tutoiement du démon et le vouvoiement du je
• Le titre de l'½uvre évoqué : - Champ lexical d'enfer notion issue du titre
- terme saison désigne la période concerné par récit
==> Moment d'exil, de solitude, de souffrance, de malheur qu'a connu Rimbaud, un épisode dont le livre constituerait l'histoire.

c. ...Qui ouvre un horizon philosophique :
• Un conditionnel ('je reprendrais peut-être appétit') et futur ('tu resteras hyène') montre que l'enjeu, la réflexion est l'avenir de Rimbaud, savoir s'il peut retrouver le bonheur ancien ('j'ai songé à retrouver la clef...')
• Lexique religieux et notion 'charité' comme clé d'un festin ancien, d'un bonheur que Rimbaud veut retrouver
• Charité : amour prochain ou secours apporté aux faibles : peut faire sentir l'autre enjeu du livre : la religion
• Alinéas peuvent faire penser à disposition des versets de la Bible : provocation ? Volonté de parodier ?
==> ¼uvre qui s'annonce aura quelque chose d'une autobiographie dont l'enjeu sera de savoir si le poète peut inverser sa destiné placée sous le signe de la haine et retrouver le chemin de la charité, amour, bonheur : valeurs chrétiennes


Conclusion :
C'est un prologue qui rassemble, prose, poésie, récit autobiographique et une pointe de théâtre.

# Posté le vendredi 01 juillet 2005 04:45

Modifié le dimanche 23 août 2009 11:51

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